Silence historique dans la nuit. Été 1991 - © 2023
Vue de la falaise sud. Été 1991 - © 2023
Vue de la falaise sud. Été 1991 - © 2023
Vue nocturne de Jnane El Aïn. Été 1991 - © 2023
BHALIL by Night : calme en hiver mais plus animé en été - Copyright © 2023
Janvier 1988. Il est 19h00 et les cafés commencent déjà à se vider. Les gens rentrent chez eux. Évidemment qu'il faisait froid. A 20h00, il n'y avait pas un chat dehors. C'est ce moment précis que j'avais choisi pour sortir dehors et faire un tour. Très intéressant de voir Bhalil by night. Bon d'accord, quelques effets spéciaux avec filtres numériques, des années plus tard, et l'on obtient le résultat des deux photos en bleu. Un bon conseil : ne jetez jamais vos vieilles photos un peu ratées. Avec la technique, on peut toujours en tirer quelque chose. J'ai toujours trouvé que si l'on veut vraiment profiter du silence dans le village, c'est bien en hiver et le soir qu'il faut sortir. Silence total. On peut en profiter pour se balader comme un fantôme au village. L'autre alternative, c'est de sortir bien sûr en été. Mais en plein soleil, au milieu de l'après-midi. Beaucoup de gens dorment après le repas de midi. Mais il ne faut pas oublier de se couvrir la tête et de prendre une petite bouteille d'eau pour s'hydrater. Ça tape fort ! Bref, le village est plus calme le jour. Un peu moins le soir et la nuit. Mais tout est relatif. Dans la journée, le bruit dérange moins, alors que pour dormir, on a besoin de plus de calme.
Les cérémonies du mariage à Bahlil - Communication
HESPERIS 1921 - Tome1, 3ème trimestre, pages : 337 à 342
🔵 INTRODUCTION : Henri BASSET
🔹 M. Houcein KACI, instituteur à Bahlil, nous a adressé sur les cérémonies du mariage en cet endroit d'intéressantes
notes dont on trouvera la substance dans la communication ci-dessous.
Bahlil, à quelques lieues au sud de Fès,
et non loin de Sefrou, est un gros village, de troglodytes, dont les demeures sont creusées au flanc d’un des
premiers contreforts du Moyen Atlas. Les habitants sont les restes de la vieille tribu berbère des Bahloula qui,
installée dans cette région depuis une époque extrêmement ancienne, joua à plusieurs reprises un rôle historique
assez considérable, surtout aux premiers siècles de la conquête musulmane. Les Bahloula passent - et passaient
dès l'époque d'ibn Khaldoun - pour avoir été une tribu judaïsante : on sait qu'on doit accueillir avec réserve de
telles indications. Néanmoins, aujourd'hui encore, les gens de Bahlil ont une singulière vénération pour
le Kef Lihoud, la grotte des Juifs, de Sefrou, que ne fréquentent pas les Musulmans de cette ville
(cf. L. Brunol, Arch. Berbères, t. 111, 1918, fasc. 2. Cultes naturistes à Sefrou) et leurs voisins tiennent
leurs mœurs pour assez particulières ; bref, ils sont considérés, par les indigènes eux-mêmes, comme une population
à part. On trouvera dans ces cérémonies du mariage un mélange de pratiques urbaines et de pratiques campagnardes,
et la survivance de rites berbères très anciens, qui, s’ils n’ont point disparu ailleurs sans tout à fait laisser
de traces, se sont cependant rarement conservés aussi nettement qu'à Bahlil : ainsi la coutume suivant laquelle,
quelques mois après son mariage, l'épouse abandonne son mari et son foyer pour aller passer un an entier dans
son ancienne famille. De telles survivances sont intéressantes à noter dans une région arabophone et aussi
pénétrée par les influences étrangères.
Henri Basset.
🔵 TEXTE : Houcein KACI
🔹 Les gens de Bahlil se marient généralement entre eux, citant à ce propos le proverbe suivant : « Une poule du village est préférable à une perdrix du dehors ». Ils expliquent d’ailleurs cette coutume en disant qu’il serait imprudent de prendre pour femme une étrangère dont on ne connaît ni le passé ni la famille ; tandis qu'avec une fille du village on a toute garantie.
🔹 Contrairement à la coutume ordinaire, c'est le jeune homme lui-même qui adresse la demande aux parents de la jeune fille. Lorsque son choix est fait, il va trouver le père, et lui dit sans autre préambule : « Je serai des tiens à dîner ce soir ». L'autre, qui n’ignore point le sens de cette formule, lui souhaite la bienvenue : « Marhaba bik ! ». Puis il donne des ordres pour le repas du soir, tandis que le jeune homme se retire, et va s’entendre avec deux ou trois tolba qui appuieront sa demande.
🔹 A l'heure dite, le prétendant, suivi de ses compagnons, se présente chez le père. Celui-ci vient à la rencontre de ses hôtes, leur souhaite la bienvenue et les invite à prendre place autour du plateau à thé et du samovar fumant. La conversation s'engage ; on s'entretient des événements du jour, des travaux agricoles, du prix des grains et des légumes, des troupeaux ; on se garde d’aborder le sujet principal. Puis l’on sert le dîner, copieux ; on y fait grand honneur. Ensuite, selon l’usage, le thé reparaît : et c'est alors seulement, au moment où la conversation commence à s’éteindre, que le prétendant prend la parole d’un air grave, et s’adresse en ces termes à son hôte : « Fils d’un tel, tu n’ignores sans doute pas la raison qui nous amène, mes amis et moi ici. Chez toi. Je sais que tu as une fille à marier. Au nom de Mohammed, notre Prophète bien aimé, je demande cette fille en mariage, suivant les préceptes de notre Livre sacré. Tu me connais assez pour savoir qui je suis et à quelle famille j'appartiens ; sois assuré quelle sera en bonnes mains... » Sans lui donner le temps d'achever, les tolba interviennent alors et chantent les louanges de leur protégé, pressant leur hôte de donner son consentement.
🔹 Si le parti est avantageux, le père acquiesce sur le champ, et la fatha est prononcée immédiatement en signe d’accord. Les femmes qui, derrière un rideau, assistent à la scène, chantent et poussent des you-yous retentissants pour annoncer aux voisins que la jeune fille est promise. Mais si, au contraire, le parti n'est pas celui que la famille souhaite, le père remet sa réponse au lendemain, en s’excusant de ne pouvoir trancher la question à lui seul. Cela équivaut généralement à un refus.
🔹 Si la jeune fille est véritablement nubile, elle a été consultée au préalable : ses parents doivent lui demander son consentement ; c’est elle, en définitive, qui accepte ou refuse. Mais si, ce qui est assez fréquent, elle est encore une enfant, elle est soumise entièrement aux ordres de son père, qui peut, de sa propre autorité, la promettre en mariage.
🔹 L'accord de principe une fois conclu, on passe à la discussion de la dot, Celle-ci varie, suivant qu'il s’agit d'une jeune fille, d'une veuve ou d'une divorcée. Pour une jeune fille, le montant est d'ordinaire de 350 à 450 meth-qal, et ne peut dépasser 500, plus deux haïks et deux couvertures de lit (benachgra) ; la dot d’une veuve ou d’une divorcée est quelque peu inférieure, et ne comprend en outre, qu'un haïk et une couverture. Le montant de la dot revenant de droit à la future mariée, et le fiancé n’étant pas tenu de verser cette somme le jour même, on se montre de part et d'autre très conciliant. La discussion est menée d'ordinaire par des amis des deux familles. Après entente, on fait venir deux adoul pour rédiger le contrat ; le fiancé verse alors une partie de la dot, la moitié ou le tiers, ou le quart, voire le dixième ; le reste demeure dû. Nombreux sont ceux qui après vingt ou trente années de mariage ne se sont pas encore acquittés de cette dette envers leur femme. Ce n'est qu’en cas de divorce qu'elle est immédiatement exigible.
🔹 Sitôt ce premier versement, le mariage peut théoriquement être célébré, même si la fiancée n'est pas encore nubile. Dans ce cas, son père a soin de faire signer à son gendre, devant témoins, un contrat par lequel celui-ci s’engage à respecter sa trop jeune femme pendant un certain temps, six mois, par exemple, ou un an, ou davantage : le mari qui transgresserait ce pacte serait cité devant le cadi, condamné à une amende, et même à de la prison. On affirme cependant que de telles fautes sont fréquentes, et qu’on s'arrange généralement moyennant finances.
🔹 Si la fiancée est nubile, le fiancé fixe lui-même la date de la cérémonie. Elle n’a d’ordinaire pas lieu immédiatement, car il faut le temps d’en faire les apprêts. C'est la période des fiançailles, qui durent plus ou moins longtemps. Sitôt agréé, le fiancé envoie à sa future femme un caftan, deux farajia, une paire de babouches brodées, deux draps, un kilo de henné, et quelque parfumerie : tout cela constitue une partie du trousseau, et doit être conservé soigneusement jusqu’au jour du mariage. Et tout le temps que durent les fiançailles, le fiancé, à chaque fête, envoie quelque présent à sa fiancée. De leur côté, les parents de celle-ci doivent lui donner des bijoux : un diadème (sebnia) et un collier (louglada), formés tous deux de nombreuses pièces d'argent, trois foulards de soie, et enfin la fine farajui rituelle qui servira le jour du mariage.
🔹 Tout le temps des fiançailles, la jeune fille ne sort point de la maison. Les frais de la noce incombent pour la plus grande part au futur époux. Un jour avant le début des cérémonies, il envoie chez sa fiancée un taureau, ou plus souvent un mouton, une vingtaine de kilos de beurre et autant de miel, dix mouds de blé et quelques pains de sucre. De son côté, il égorge un taureau, et fait moudre de trente à quarante mouds de blé pour la préparation de montagnes de couscous et d’innombrables galettes. Les fêtes durent trois jours. Le fiancé, pendant ce temps, disparaît. Il passe ces trois jours dans une grotte isolée, entouré de quelques compagnons qu’il a choisis, et qui ne le quittent ni de jour ni de nuit. Il est le Sultan, et ce sont ses vizirs, entièrement dévoués à ses ordres. L’un d’entre eux joue un rôle prépondérant, et doit, s’il est nécessaire, guider son inexpérience.
🔹 Dans les deux familles, les deux premières journées sont consacrées à des réceptions et à des réjouissances. Chacun des trois jours, vers trois heures, on porte solennellement une corbeille de raisins secs à la demeure de la future épouse : c’est tout un cortège composé de femmes, de musiciens et d'une nombreuse assistance. Pendant tout le trajet, les femmes dansent aux sons des tambours et des ghaïta, qu'elles accompagnent de you-yous stridents, sous le voile qui cache leur visage. A l’entrée de la demeure, les cris de joie et la musique des instruments redoublent : c'est un tapage infernal.
🔹 Le soir du deuxième jour a lieu, pour chacun des fiancés séparément, la cérémonie du henné. La jeune fille, chez elle, est assise sur une sorte de fauteuil adossé au mur ; elle est parée de tous ses atours nuptiaux, mais sans bijoux, qu’elle portera seulement au septième jour de son mariage : un drap la cache aux regards de l'assistance, nombreuse, tout le temps qu’on lui applique le henné sur les mains et sur les pieds. Cela fait, parentes et amies défilent devant elle, qui doit rester immobile et muette. Puis, pendant qu’elle demeure toujours impassible, une vieille femme, l’une des plus anciennes connaissances de sa famille, exalte sa beauté, détaillant ses traits un à un ; chaque fois qu'elle reprend haleine, les femmes soulignent ses paroles de you-yous stridents. Enfin, la mère, ou une parente, apporte devant la fiancée une petite table recouverte d'un foulard de soie ; chaque femme à son tour vient y poser une offrande, dont la mère proclame à haute voix le montant en même temps que le nom de la donatrice ; c’est la cérémonie de la taousa ; la somme ainsi recueillie appartient, en propre, à la future épouse.
🔹 Pendant ce temps, une cérémonie analogue, quoique l'assistance soit plus restreinte, se déroule dans la grotte où s'est retiré le fiancé. On le fait asseoir sur un tabouret recouvert d’un petit tapis, le capuchon de son burnous tiré de manière à lui cacher entièrement la figure. Ses amis s'assoient devant lui en un demi-cercle, au centre duquel sont allumés des bougies ; ils chantent des refrains traditionnels, tandis que le vizir applique le henné sur les mains du fiancé, et les enveloppe ensuite dans un linge appartenant à la fiancée. On ne fait pas de taousa.
🔹 Le lendemain est le jour du mariage. Vers quatre heures, un cortège se forme devant la retraite du fiancé : musiciens, femmes, assistants en foule. Le jeune homme sort fraîchement rasé, habillé de ses plus beaux vêtements, de deux burnous dont un blanc et un autre en drap noir ou bleu, la tête et les épaules recouvertes d'un drap blanc ; son capuchon rabattu cache entièrement son visage aux regards des envieux. On le hisse sur un cheval richement harnaché, et il parcourt, à très lente allure, les rues et les ruelles escarpées de ce village de troglodytes. Derrière lui les musiciens font rage, mêlés à une foule de danseuses qui les forcent à s’arrêter souvent ; et les hommes, dans le cortège, tirent des coups de fusil. On arrive enfin devant une grotte voisine de celle qui sera la demeure des nouveaux époux ; on y fait entrer le jeune homme en attendant que sa fiancée soit amenée dans la grotte nuptiale.
🔹 On attend pour cela la nuit, après le repas du soir, vers dix heures. Les parents et les amis du marié vont alors à la demeure de la future épouse, pour l'emmener. Il est bon qu'elle simule la résistance, qu’elle se refuse à quitter d'elle-même son logis et sa famille. Des femmes la prennent sous les bras, lui disent des paroles d’encouragement ; et à la lueur des torches, un cortège analogue à celui de l’après-midi l'emmène lentement, au milieu des chants et des you-yous. Lorsqu’on est arrivé, une femme prend la mariée sur son dos, et sans lui laisser franchir elle-même, le seuil, va la déposer sur la couche nuptiale : une natte sur laquelle on a étendu les deux couvertures du trousseau et un coussin. Les assistants se retirent ; le marié est introduit ; et l’usage veut que l’épouse ne succombe qu’après une nouvelle lutte simulée.
🔹 L’union accomplie, le marié s’esquive et va se cacher dans la grotte voisine. Quatre coups de feu signalent sa fuite. Alors, parentes et voisines se précipitent dans la chambre nuptiale ; la mère s’empare de la farajia ensanglantée, la montre, puis sortant, la promène triomphalement à travers tout le village, suivie de tous les musiciens, de tous les assistants poussant des clameurs de joie, frappant sur les instruments, tirant des coups de feu ; on exhibe fièrement la chemise à tout venant. Puis on la laisse exposée pendant trois jours avant que la mère, l’ayant lavée, la rapporte à sa fille.
🔹 Si la mariée n’est point trouvée vierge, le marié peut faire venir sur le champ deux adoul, et après constatation faite par l'arifa, obtenir d’eux la prononciation immédiate du divorce. Les parents de la mariée sont alors tenus de rembourser tous les frais de la noce ; et leur fille, couverte de honte, ne peut que disparaître du pays ; on dit même que certains parents n’hésitent pas à la mettre à mort. Cependant de tels scandales sont rares, car l’argent les étouffe aisément.
🔹 Les cinq premiers jours qui suivent le mariage, le nouveau marié ne peut pénétrer chez sa femme que la nuit, à une heure avancée. Il continue à passer ses journées dans la grotte voisine en compagnie de ses vizirs, qui prennent avec lui leurs repas. Pendant quatre jours de suite, il perçoit de chacun d’eux une taousa de quinze à vingt francs : il est toujours le Sultan. Le cinquième jour, il abdique, offre un somptueux repas à ses vizirs, et chacun rentre chez soi.
🔹 Le sixième jour, cérémonie analogue, mais pour les femmes. Toutes celles qui ont offert un cadeau à la nouvelle, mariée sont invitées chez elle. On leur offre un mets nommé rfisa ou trid, sortes de crêpes extrêmement minces, cuites au beurre, et servies avec du miel, des noix et du raisin sec. Ce n’est point la jeune femme qui fait elle-même les honneurs ; car jusqu’au septième jour, elle ne doit pas quitter son lit. Elle est soignée, seulement par sa mère, et ne peut recevoir aucune visite, sauf des parents extrêmement proches, jusqu’à ce sixième jour, où elle assiste, couchée, immobile et muette, à ce repas donné en son honneur.
🔹 Le septième jour, enfin, une dernière fête clôt les cérémonies du mariage. Dès le matin, la mère de la mariée, aidée de deux ou trois matrones, vient chez sa fille ; elle la baigne, lui teint en noir les cils et les sourcils, et lui met le henné aux mains. Puis la jeune femme se revêt elle-même de ses vêtements nuptiaux et de ses bijoux. Pendant ce temps, les femmes du voisinage se rassemblent dans la pièce à côté. Et lorsque la mariée sort enfin, habillée, fardée, parfumée et souriante, c’est un concert de cris de joie auxquels ne tarde pas à se mêler le bruit des instruments ; au milieu des you-you stridents et prolongés, les musiciennes chantent en signe d'allégresse de vieux refrains d'amour. La jeune femme baise la tête de chacune d’elles ; puis on offre le thé aux assistantes. Après quoi, chaque femme s’en va, souhaitant bonheur et prospérité à la nouvelle épouse. Celle-ci, désormais, entre dans son rôle de maîtresse de maison, et le ménage, définitivement constitué, commence à vivre d'une vie normale.
🔹 Cependant tous les rites ne sont pas encore accomplis. Au bout de trois mois exactement, les parents de la jeune femme lui envoient vingt poules vivantes, et cent cinquante à deux cents oeufs. Puis deux mois après, nouvel envoi : un énorme quartier de mouton, vingt galettes et cent oeufs. C’est un signal : dix jours plus tard, la jeune femme doit abandonner son époux pour aller passer encore une année entière dans son ancienne famille. Elle s’en va le soir, accompagnée de sa belle-mère ou d'une autre parente de son mari ; elle sera pour celui-ci, tout ce temps, comme une étrangère ; il ne la verra même pas. Elle reste dans une claustration absolue, étroitement surveillée par ses parents et aussi par quelque vieille femme, chargée discrètement de ce soin par son mari. Celui-ci, l’année écoulée, doit envoyer à sa belle-famille autant de présents qu'il en a reçus : sa femme lui est alors rendue, et parfois avec un petit enfant né pendant cette longue séparation, elle vient reprendre sa place au foyer conjugal qu'elle ne quittera plus désormais. L'on ne donne aucune explication de cette épreuve : l'on se contente d’invoquer la coutume.
🔹 Pendant les quelques années qui suivent son mariage, la femme jouit d'une liberté très relative : comme dans
les villes, elle ne sort point, ou très peu. Ce n’est que quand elle aura eu plusieurs enfants, ou qu'elle
commencera à se faner, qu'elle sera affranchie de celte règle.
A de rares exceptions près, les habitants de Bahlil ne sont pas polygames.
Houcein KACI - 1921
🔹 A découvrir, par ailleurs, d'Henri BASSET : Le Culte des Grottes au Maroc.
🔵 TEXTE : Houcein KACI
🔹 Le district de Bhalil - ou Behalil - que dirige le kaïd Bahlili fait partie du cercle de Sefrou. Ce dernier centre est à six lieues Sud-Est de Fez. Ses jardins verdoyants forment avec ceux du Zer'houn une fertile et riche ceinture qui entoure Fez et lui prodigue fruits et légumes. D'abondantes sources alimentent ces jardins merveilleux qui font de Sefrou un Eden marocain. Sur le versant du djorf, aux sept sources, qui domine Sefrou est le tombeau du Santon Sidi Bou Serghine lequel est un lieu de pèlerinage que fréquentaient même les sultans. On cite encore la visite qu'y fit en 1179 la maîtresse du palais impérial, La Moulat Fathima bent Soléimane, venue de Marrakech : et immolant plusieurs taureaux et distribuant des aumônes.
🔹 Quant à El Bhalil c'est un centre important et prospère, situé en contre-bas des monts portant le même nom. D'après la "Reconnaissance du Maroc" une colonnie chrétienne occupant cette région au moment de la conquête musulmane et des vestiges romains y existent encore, appartenant sans doute à la même époque que Volubilis : mais nous n'avons pu nous rendre compte de cette particularité, étant très limités comme temps.
🔹 Le Kaïd Bahlili, est fils de Idris Ben Dahmane-Taleb ben Taleb-Mohamed ben Ahmed ben Abd Allah ben Ibrahim ben Ali ben Othmane originaire de Skounda (Schounda) mais les ancêtres se sont installés, il y a quatre siècles environ, à Kaçba Bhalil qui est devenue la demeure familiale.
🔹 Depuis, tous les chefs de cette famille, étant donné leur caractère d'arabes et, partant, leur influence, commandèrent dans cette région ; ils remplirent même des fonctions très en vue, notamment celles de nadhir des habous (contrôleur des biens de mainmorte). De tous temps, ils exercèrent une réelle influence sur les Oulad Sidi-Rhazi dits Mrabthïine parce que descendants des Almoravides ; certains d'entre eux furent même des savants régionaux tels que : Thaleb-Mohammed et son fils Dahmane-Thaleb, lesquels préparèrent deux générations d'étudiants dont plusieurs fréquentaient Karaouïine.
🔹 Dahmane-Thaleb mourut fort vieux il y a soixante ans environ et reçut la sépulture au cimetière Asfalo de Bahlil qui est la nécropole familiale. Il laissait un fils Idris qui avait appris auprès de lui et qui devint un vaillant cheikh makhzène partageant son temps et ses efforts entre ses gens et ses cultures. Il mourut en 1304-1886 à soixante-cinq ans environ.
🔹 Parmi ses enfants étaient ; Mohammed-elkbir ; Kacem ; Dahmane et Ali. Le kaïd Kacem est né en 1287 à Bahlil, il étudia auprès de Cheikh Abou l'Kacem el Haouari, puis fut nommé Kaïd-mïa en 1306 sous Moulaî-Hassène. Il prit part avec les mehallas impériales à plusieurs expéditions et possède un dahir de commandement de ce souverain qu'il accompagna en Tafilalet en 1311, assistant à sa mort à Dar-Zidah près d'El Bouroudj du Tadla.
🔹 Lors de l'avènement du sultan Moulaï-Abdelaziz, le Kaid Kacem fut nommé Khélifa du Tabor à la tête de soixante-dix cavaliers et des mouchate (marcheurs, fantassins, du verbe mcha, marcher) : puis, comme Kaïd-reha il prit part aux opérations contre Raïssouli seigneur du Rif Occidental, avec le Kbir el mehalla, El Baghdadi. Rappelé par le makhzène, en Maroc oriental, il poursuivit Bou-Hamara et demeura de nombreux mois en campagne.
🔹 Ensuite des évènements de Fèz, le kaïd Bahlili "tourna au gré des circonstances : elhadjate dourat, nous dit-il" et seconda les Colonnes Brémont et Mangin. En 1329-1911 il fut nommé kaïd commandant le centre de Bahlil et la région, bien que conservant le titre de Kaïd-reha, ayant sous ses ordres des Hayaïna : des Oulad-Elhadj du Saïs et des Oulad-Seljâa.
🔹 Lors de la dernière guerre du Rif, le kaïd Bahlili prit part aux opérations dans les Haiaina ; Bni Ourirhène et
Fechtala. Il fut pour sa bravoure fait Chevalier de la Légion d'Honneur et est titulaire de la Médaille Coloniale
et du Mérite Chérifien. Bon cultivateur et éleveur avisé il est en outre Officier du Mérite agricole. Ses fils sont :
Mohammed, actuellement, sous-lieutenant, au 2ème spahis réguliers marocains, sur le front de Taznakht,
brave officier d'avenir.
Ahmed qui étudia à l'école arabe-française.
M'hammed également élève de la même école, esprit éveillé, d'un grand sens artistique qui ne manque pas de nous
faire admirer la beauté du paysage s'étendant à perte de vue, et nous signalant la solide architecture des maisons
de ce village blanc et propre que surmonte l'un des plus vieux minarets de la région donnant asile à d'innombrables
pigeons, corneilles, tiercelets (bouamara) etc...
Thami, un joyeux garçonnet se débattant encore dans les sourates du Livre.
SEFROU - BAHLIL, Le 23 avril 1931. Houcein KACI
🔵 Par Louis BRUNOT - 1931
🔹 Les Cultes Naturistes à Sefrou - Archives Berbères T3, 1918, fasc.2
L. BRUNOT : Docteur ès lettres - Pédagogue - Directeur de l'Institut des hautes études marocaines -
Chef du bureau de l'enseignement des indigènes à la Direction générale de l'instruction publique
du Maroc (1882-1965).
Dans cette article, on parle aussi de Bhalil, de Kaf Lihoud...
Le plus simple est de se rabattre directement sur le pdf en question :
Les Cultes Naturistes à Sefrou.
C'est un pdf libre de droit, comme l'indique la source suivante :
Cité Numérique de la Méditérranée.
🔹 Le dimanche 8 Avril 1951 un article sur Bhalil est apparu dans le journal « le Petit Marocain ». Dans cet article, le journaliste André PAPAIX nous parle un peu d'histoire du village et du "statut" de la femme à Bhalil. On y découvre une étrange tradition concernant la protection des hommes par les femmes... On dirait un monde à l'envers ! L'original du document, c'est à dire le journal lui même, est disponible en format pdf et version OCR sur le site de Gallica : la bibliothèque numérique de la BNF (Bibliothèque Nationale de France). Comme pour les articles sur « Le Combat de Bhalil ». L'exploitation des journaux est évidemment possible sous leur forme initiale brute. Mais on perd au niveau de la présentation et de l'esthétique. Le pdf d'une page présenté en lien ci-dessous a été réalisé après un laborieux travail de montage dépassant largement les 4 heures malgré son petit poids. Pour les amateurs de ce type de travail, sachez qu'il faudrait passer par Photoshop, Canva, Word et compagnie. Actuellement, une ou plusieurs versions orales (et non documentées) de cette curieuse tradition circulent à Bhalil. Malgré la divergence dans les récits, il est presque certain qu'elle a réellement existé. Aussi on ne connait pas son origine exacte. Mais il est fort possible qu'elle soit religieuse. Pour en savoir plus sur cette mystérieuse tradition largement inconnue voire méconnue, je vous laisse lire le document en question en cliquant sur le titre de l'article : « Le Criminel est protégé ».
Motif 1 - Intégration dans Dessin F. Mellouk (1993) - © 2026
Motif 2 - Dessin original de F. Mellouk (1993) - © 2026
Motif 3 - Intégration dans Dessin F. Mellouk (1993) - © 2026
🔵
Les objets en poterie fabriqués et utilisés à Bhalil.
Quand on pense à la poterie du Maroc, on pense à celle des villes comme Fès, Salé, Safi, etc., certainement pas à celle des villages "oubliés"
des montagnes berbères ou arabes comme Bhalil. Et pourtant il y a eu de la poterie à Bhalil. Celle qui était destinée à la consommation locale
et non au tourisme. On ne cherchait pas à produire des objets de poterie pour la décoration, mais à avoir des objets qui répondent à des besoins
quotidiens de première nécessité. Comme pour se chauffer un peu, stocker des produits alimentaires, cuire des aliments, manger dans un récipent ...
Bref de l'éléctromenager en terre cuite.
Pour la poterie de Bhalil, l'utilité des objets fabriqués était une priorité. La décoration réalisée sur cette poterie était réduite à son strict
minimum et l'utilisation des couleurs n'était pas à l'ordre du jour. Le terme de "Tagueddart" est le mot local qui désigne cette
activité consistant à produire des pots rustiques, minimalistes et mal faits nommés "Gueddours". D'où le qualificatif péjoratif
de "Gueddour", utilisé pour dénigrer une personne, la réduire et la rabaisser à sa condition physique ou sociale... à tort ou à
raison. Par ailleurs le nom "El Gueddar" peut bien vouloir dire celui qui fait des pots.
Parmi les objets de poterie les plus fabriqués et utilisés par les gens de Bhalil, on trouve quelques exemples célèbres au village :
➀
Majmar pour cuisson. Il fonctionne avec du charbon de bois. Il possède 4 trous sur les cotés et sert pour les petites marmites et les théières.
➁
Majmar pour se chauffer. Il ne possède pas de trous. On le remplit de braises et on l'utilise comme chauffage d'appoint !
➂
Kanoun : espèce de grand Majmar ouvert et avec des cornes. Il fonctionne avec des bûches de bois. Il est adapté aux grands récipients
et sert pour chauffer ou cuir des quantités plus grandes d'aliments ou d'eau. En combinaison avec un grand plat en terre cuite appelé "Ferrah",
il permet par exemple de cuir le pain du Ramadan pour toute la famille. Pour le bain il est capable de chauffer une bonne quantité d'eau contenue dans un grand
récipient métallique en cuivre (Barma). Il est également utilisé pour chauffer de l'intérieur une grosse sphère métallique sur laquelle on vient
cuire le fameux "Tride" (crêpes marocaines très fines).
➃ Quadra (ou grand pot) pour le stockage de l'eau. Elle est non vitrifiée et de taille
moyenne (≈ 45-50 cm de haut), avec une capacité d'environ 25 Litres. On l'utilisait avec une tasse en aluminium appelée "Kachcoul" pour se
servir en eau.
➄ Marmite pour tagine ou Faitout.
➅ Ecuelle (Assiette épaisse et creuse, sans rebord).
➆ Bol.
➇ Tasse.
➈ Cruche.
➉ Entonnoir.
⑪ Hallab (Récipient pour la récupération du lait lors de la traite des vaches).
⑫ Bidon de soldat.
⑬ Seau (en céramique copié sur les modèles européens).
⑭ Pierre de lavage (Pierre à frotter le corps pendant le bain).
La plupart de cette poterie fabriquée à Bhalil a été décrite dans un numéro de la revue Hespéris en 1946
par Joseph HERBER (1873-1953). La pièce que je préfère est le grand pot et ses décorations. En consultant
l'intégralité du document d'origine je me suis rendu compte que c'est la Tasse à "Café" de Bhalil à anse fermée
qui a été choisie pour la couverture. Quant à la signification exacte des symboles figurant sur cette poterie il faudrait plonger dans le monde de la symbolique
berbère en Afrique du Nord et plus précisément au Maroc. Ci-dessous une nouvelle présentation de quelques symboles rencontrés sur la poterie de Bhalil selon
l'article de la revue Hespéris pour les dessins n° 1 et 3 et une synthèse personelle pour les dessins n° 2.
Illustration : F. Mellouk © 2026 - Hespéris
Illustration-Déssins : F. Mellouk © 2026
Illustration : F. Mellouk © 2026 - Hespéris
🔵
Les objets en poterie utilisés et non fabriqués à Bhalil.
Quant aux autres objets utilisés à Bhalil mais non fabriqués au village, on peut citer quelques exemples :
➀ Khabia (Jarre de petite ou moyenne taille - Hauteur ≈ 50-70 cm - Largeur ≈ 20-25 cm - Volume ≈ 15-30L).
Elle est vitrifiée de l'intérieur et peut servir par exemple pour le stockage de l'huile, de l'eau, voire du lait pour la production artisanale du beurre et du babeurre ou "Lben".
Ce dernier étant très apprécié par les habitants de Bhalil surtout si on le boit mélangé avec une bonne semoule cuite à la vapeur ! Sous cette forme il vient vraiment faire concurrence au thé à la menthe.
➁ Zir (Jarre de grande taille - Hauteur ≈ 70-75 cm et plus - Largeur ≈ 25-50 cm - Volume ≈ 30-60L et plus).
Il est fermée avec un couvercle en cuir appelé "Amadoun" fabriqué localement et sur mesure pour le "Zir".
Pour fabriquer l'Amadoun on tire le cuir sur la fermeture du Zir et on le tient avec une ficelle. Ensuite on attend que
le cuir durcisse pour avoir un couvercle sur mesure. Le Zir est généralement de grande taille, mais il peut être de taille
moyenne. Il est vitrifié de l'intérieur au même titre que la Khabia. Il sert pour stocker de l'huile d'olive. Mais, il peut
servir pour le stockage de l'eau pour les Zirs de taille moyenne. Quand le Zir est rempli d'huile d'olive, il faut absolument
veiller à ce qu'il soit bien fermé pour éviter qu'une souris ne vienne tomber dedans et gâcher la récolte. Une imprudence
qui porte inevitablement un coup dur aux finances familiales. A ce propos un proverbe local dit :
"Sikh Bel Khabia Ftent El Far" (Traduction : sacrifier l'huile à cause de la souris).
➂ Ferrah (Grand plat pour faire cuir le pain du Ramadan).
Vendu à Bhalil par des gens de "Ouled El Haj" (une tribu de la région dont le chef-lieu est "Outat El Haj").
On suppose donc qu'il était fabriqué à "Outat El Haj".
➃ Kasaâ (Grand plat pour servir le couscous...)
Hauteur ≈ 75 cm - Largeur ≈ 30 cm - V ≈ 40L.
Hauteur ≈ 75 cm - Largeur ≈ 40 cm - V ≈ 50L.
Hauteur ≈ 75 cm - Largeur ≈ 40 cm - V ≈ 50L.
Hauteur ≈ 75 cm - Largeur ≈ 30 cm - V ≈ 40L.
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Et le couvert ?
En faisant le bilan de ce qui était utilisé à Bhalil comme poterie, qu'elle soit produite localement ou importée des autres régions,
j'ai évidemment fait remarquer qu'il n'y avait pas d'assiettes pour manger individuellement, pas de fourchettes non plus ni de cuillères
en terre cuite. Pour les assiettes l'explication est relativement simple : jusqu'à aujourd'hui presque tout le monde à Bhalil mange en
famille dans la même grande assiette et par la même occasion boit dans le même verre. Pour les fourchettes et les cuillères les gens de
Bhalil mangent avec les mains et boivent les soupes directement dans les bols sans avoir besoin de cuillères. Le problème est donc réglé
à l'ancienne au détriment de quelques règles d'hygiène. Dans ces conditions il est évidemment conseillé de se laver bien les mains au
savon avant de se mettre à table. Actuellement ces habitudes ont tendance à se moderniser doucement avec le temps. Par contre il a
toujours été plus difficile de couper des choses avec les mains ou avec les dents, et par conséquent je pense que les couteaux et les
ciseaux, ainsi que d'autres objets tranchants, ont du s'imposer assez tôt chez les habitants du village. L'invention des couteaux
remonte à l'âge de pierre et celle des ciseaux à l'âge du bronze bien avant l'âge du fer. Entre temps peut-être qu'il aurait fallu
fabriquer quelques couverts en bois. Le chêne ne manquait pas dans la région et il avait bien servi pour constuire pas mal d'objets
et de charpente de maisons à Bhalil.
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La technique de production.
Tout d'abord il fallait avoir une source d'argile comme matière première. C'est dans les zones basses de Bhalil où l'on pouvait se
procurer plus facilement ce matériau malléable et malaxable à volonté. En hauteur c'était (et c'est toujours) le calcaire du jurassique
qui domine. Visiblement les potiers de Bhalil allaient chercher leur argile plus loin dans les environs, alors que les potières se
procuraient de l'argile dans les environs immédiats de Bhalil, comme du côté d'Abiyata-Binlajraf vers la route de Sefrou. Ce qui veut
dire que tout le monde n'utilisait pas la même argile. Parfois on intégrait dans l'argile des morceaux d'un Majmar cassé
(Afrour) destinés au recyclage. Ces morceaux sont bien broyés et intégrés de nouveau dans de l'argile pour une nouvelle
construction d'un nouveau Majmar. Le reste du processus de production est purement technique : broyage et tamissage de l'argile, mélange
avec de l'eau, pétrissage, modelage, tournage, séchage au soleil et cuisson au four (El Hamya). Cette dernière étape,
qui peut durer 3 ou 4 jours sinon plus, fait appel à un four lui-même confectionné localement à partir d'un terreau de poterie et alimenté
par des bûches en bois. C'est également l'occasion d'un rituel festif parmi les membres de la communauté (famille, voisins...). L'ambiance
de feu et de fumée attire beaucoup les enfants qui viennent assister au brasier. Ils sentent d'instinct la perspective des repas chauds en
fin de journée ! La vente des pièces fabriquées se fera plus tard contre quelques pièces de monnaies (Rials) qui viendront
renflouer les caisses du ménage.
A Bhalil, la poterie féminine est légèrement différente de la poterie masculine. Malgré la forme imparfaite de la poterie féminine
(car non travaillée au tour) le lissage est nettement supérieur. Comme on s'en doute, à Bhalil la technique était restée traditionnelle
voire ancestrale avec quelques particularités.
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La décoration de la poterie de Bhalil.
La décoration sur la poterie est d'inspiration berbère comme dans le cas du tatouage et du tissage. Mais il semble que c'est la décoration
du tissage qui a inspiré celle de la poterie et du tatouage. Au moins dans le cas de la poterie féminine. La rareté des pièces de poterie
ancienne encore présentes à Bhalil ne permet pas d'avoir une analyse complète des symboles utilsés pour cette
décoration. D'où le recours aux documents bibliographiques qui ont déjà traité de cette poterie. Cet inventaire a été complété par
quelques observations personnelles ce qui a aboutit à la description précédemment faite. Cependant j'ai pu constaté que parfois le même
symbole peut-être décliné sous plusieures formes. Par imagination et par extrapolation, voici quelques exemples possibles des variantes
de la " Scie ou Croix " qui ont probablement été utilisés par les artisans de
l'époque. Une étude exhaustive portant sur la décoration de la poterie de Bhalil permettrait de reconstituer au moins une partie de
cette poterie perdue.
🔵 L'avenir de la poterie à Bhalil. De nos jours on voit de moins en moins de poterie à Bhalil qu'elle soit fabriquée ou seulement utilisée au village. Je pense que comme c'était une poterie à vocation utilitaire, elle a été remplacée par des "outils" contemporains et industriels qui ont pénétré le marché local. Le développement est passé par là. Cependant on peut rencontrer de temps en temps chez des particuliers collectionneurs quelques anciennes poteries avec de la décoration. Il semblerait que La décoration de la poterie de Bhalil a commencé à disparaitre en même temps que le tatouage des visages et des mains chez les femmes du village à partir du milieu du 20ème siècle. Le métier de potier autrefois présent à Bhalil semble s'être éteint. Et par la même occasion l'artisanat lié à cet activité. Je finis par rendre hommage à toutes les potières et les potiers qui ont fait vivre cet artisanat de l'époque, certainement dans tous les quartiers de Bhalil. Parmi eux ou elles deux femmes dont je me souviens car proches de la famille et qui habitaient le quartier d'Aghezdis : Aïcha Errachia Derkiba, Khdija El Haouma Hammia. Que Dieu ait leurs âmes.
🔵 Bibliographie ➀ Notes sur les poteries de Bhalil. Hesperis : Archives berbères et bulletin de l'Institut des Hautes Etudes Marocaines - Joseph Herber - 1946 ➁ Technique des poteries rifaines du Zerhoun. Hesperis : Archives berbères et bulletin de l'Institut des Hautes Etudes Marocaines - Joseph Herber - 1922 ➂ Contribution à l’élude des poteries Zaër. Hesperis : Archives berbères et bulletin de l'Institut des Hautes Etudes Marocaines - Joseph Herber - 1931 - T13 - P19 ➃ La poterie féminine au Maroc. Editions Publiday-Multidia - Casablanca - Imprimé en Espagne - Hammad Berrada - 2002 - Re-édité en 2016 en version franco-anglaise. ➄ La poterie masculine en milieu amazighe. IRCAM - 2011 - Revue 6 ➅ La céramique de tradition amazighe. IRCAM - 2011 - Revue 6 ➆ Poterie rurale en Afrique du nord. OpenEdition Journals - Encyclopédie berbère - Pierre Guichard et Ernest Hamel - 2015 ➇ Exposition : La poterie...au féminin. Finances News Hebdo - Culture & Société - 14.03.2023 ➈ Au Maroc : Fès - La Capitale du Nord. Ed. Pierre Roger & Cie - Paris - Comte Maurice de Périgy - 1919 - P231 ➉ Guide de la culture berbère . Éd. Paris-Méditerranée. Paris ; Ina-Yas. Alger - Mohand-Akli Haddadou - 2000 ⑪ Petit Guide des Catégories de Symboles Amazigh. Instagram - Mayasanaa. ⑫ Artisanat berbère - Signes et Symboles. ChroniquesAlgeriennes.Unblog.fr
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